Ces derniers temps, il me faudrait rebaptiser mon blogue. La saison des pluies semble bel et bien amorcée, à certains endroits avec plus d'intensité qu'ailleurs... Chaque averse amène son lot de réjouissances, car qui dit pluie, dit aussi baisse drastique de température! La petite blanche que je suis, bien acclimatée (!) aux quarante degrés quotidiens, trouve ainsi qu'il peut faire drôlement froid parfois au Burkina! L'autre soir, en compagnie de deux Espagnols - les premiers visiteurs à l'auberge depuis belle lurette - nous avons sorti mon thermomètre pour voir à combien se mesurait ce froid terrible. Car je portais pantalons, chandail à manches longues et veste, et je grelottais sur ma chaise! Eh bien, figurez-vous que le mercure n'est pas descendu à moins de 25°C. Qui aurait cru qu'un jour je frissonnerais à cette température que l'on trouve si agréable au Québec?!
L'eau transforme le paysage de façon étonnante. Dans le Sahel, tout verdit. La région est méconnaissable de celle que j'ai visitée il y a un mois. A Ouaga, les rues deviennent de véritables fleuves. Dans les quartiers qui ne sont pas goudronnés, la bouette règne partout, et il devient périlleux de traverser la rue à cause des flots... Inévitablement, on se mouille. Les deux pieds dans l'eau bien brune, les pantalons relevés, tentant de ne pas perdre l'équilibre. Le comble de l'exotisme. Sans aucun sarcasme, moi, j'adore.
Et puis il semble que les bouleversements climatiques n'affectent pas exclusivement les pays occidentaux... le Burkina en souffre également, comme Noum et Ousmane ont pu le constater d'assez près cette semaine. Lorsqu'ils sont revenus de la ville cette semaine après une rencontre avec l'ONG italienne qui finance partiellement leur association, ils étaient surexcités. Fébriles. Frappés de stupeur, tout à la fois. Je me demandais ce qui les avait mis dans un état pareil. Lorsque Ousmane a réussi à articuler quelques mots, ç'a été pour expliquer que "des morceaux de nuages étaient tombés du ciel". Des morceaux de nuages?! Quéssé ça?! Avec ses descriptions, j'ai fini par comprendre qu'il s'agissait de grêlons. Gros comme le poing. En plein Sahel. Moi, ce qui m'a fascinée, c'est surtout les mots qu'il a utilisés pour tenter d'exprimer une réalité à laquelle il n'avait jamais été confronté auparavant.
Mis à part les grêlons, l'arrivée des pluies rend tout le monde heureux et soulagé, particulièrement les paysans, dont les cultures ont pris du retard par rapport à l'année dernière. Conséquemment, le prix du sac de mil a grimpé en flèche, et le quotidien est devenu instable pour les familles qui dépendent principalement de cette ressource pour s'alimenter. Et il est toujours des gens qui profitent de cette situation précaire pour s'enrichir...
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Bonjour toi !
RépondreSupprimerDe la pluie ! C'est bon ! Ça rafraîchit tout...
Tu as passé un moment plus difficile, mais BRAVO ! BRAVO!! C'est ta sagesse qui a gagné !
C'est Vickie la gagnante !
Je t'aime fort !
xx oo xx
Haha! Chez nous aussi, il fait frète! 23°C... On sort les pantalons et les chandails à manches longues, mais on garde les gougounes, parce qu'on a les pieds mouillés en permanance! Mais bon, au moins, on ne sue plus de la lèvre supérieure! ;)
RépondreSupprimerJ'me souviens... quand j'étais au Costa Rica, pendant la saison des pluies, je marchais sur les chemins de terre, et j'aimais tellement ça!... de la bouette plein les pieds et les jambes, mouillée à lavette, je trippais!
RépondreSupprimerÀ Montréal, comme aujourd'hui, c'est le déluge...et je ne trippe pas tant que ça, c'est drôle! Peut être parce qu'en voyage, je n'avais pas le souci de mon apparence héhé!
Alors profites de cette petite gâterie, salis toi, saute dans la bouette et va marcher sous la pluie, c'est tellement amusant! Et raffaichissant pour toi!
J'espère que tu ramèneras le soleil à ton retour à Montréal! Nous on a besoin de chaleur et de lumière!
bisouxxx